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Biodiversité végétale urbaine d’Ars-Laquenexy

Intitulé « Biodiversité végétale urbaine d’Ars-Laquenexy », un stage de Maîtrise en Environnement et Aménagement a été réalisé par une habitante du village, Mlle AMAL Loubna, du 22 Mai à mi-Juillet 2007. Ce stage a été réalisé au Laboratoire de Recherche LIEBE (Laboratoire Intéractions Ecotoxicologie Biodiversité Ecosystèmes) de Metz, et sous la tutelle de Mme SCHNITZLER Annick. La soutenance a eu lieu le mardi 04 Septembre 2007 à 15h30.

Lors de ce stage, un inventaire de la végétation spontanée de la commune a été effectué, et les résultats ont mis en évidence son caractère particulièrement champêtre. De plus, certaines herbacées halophiles ont été découvertes, comme Festuca arundinacea, Poa pratensis, Matricaria maritima etc…Selon la littérature, ces espèces sont dites halophiles strictes ou bien halophiles préférantes, c’est-à-dires qu’elles se développent sur milieu salé uniquement, ou bien un milieu salé de préférence tout en pouvant s’adapter à d’autres milieux. Mais dans la commune d’Ars-Laquenexy, leur présence serait belle et bien liée à la salinité du sol sur lequel elles poussent. Cette salinité a été démontrée par des mesures de prélèvements en eau du sol lors du stage, à l’aide d’un salinimètre, et les résultats ont été validés par les techniciens du magasin Botanic de Semécourt, qui ont obtenu les mêmes valeurs avec leurs propres appareils étalonnés. L’eau du village présente une salinité comprise entre 12 et 17 ppt (ou g/L), ce qui correspondrait à une eau saumâtre, donc intermédiaire entre l’eau douce et l’eau de mer. Cette présence de sel n’avait cependant jamais été soupçonnée jusqu’à ce jour.

En effet, la présence de la mer à des temps reculés (Mer germanique) a été mise en évidence par la carte géologique de la commune, et d’innombrables fossiles ont été expertisés au Musée de la Cour d’Or à Metz.

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Ces fossiles sont exclusivement marins, comme Gryphea arcuata (ancêtre des huîtres actuelles, taille 6,5 cm, photographie de gauche)
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Pentacrinus basaltiformis (famille des Echinodermes Crinoïdes, photographie de droite), etc…qui datent du Jurassique Inférieur (Lias).

La mer, en se retirant aurait laissé place à des résurgences d’eau salée comme on en observe dans la Vallée de la Seille (eau également saumâtre). Néanmoins, la végétation d’Ars-Laquenexy ne ressemble pas à celle de la Vallée de la Seille, point de salicornes par exemple, et ce changement de végétation dans la commune serait peut-être du à l’éventuelle présence d’un lac dans le village avant la construction de ce dernier. En effet, certains coquillages, très nombreux dans la commune (Bivalves blanches ressemblant à des moules) présentent une coquille bien trop fine pour dater de la préhistoire.

En outre, un sondage a également été mené pendant le stage, afin de connaître un peu les plantations des habitants dans leurs jardins et de rechercher l’éventuelle présence d’herbacées invasives dans la commune. Mais en vain, seules des espèces envahissantes (donc non invasives) comme le Pois de Senteur, l’Onagre bisannuelle etc… ont été remarquées. De même, une liste des méthodes de lutte contre les mauvaises herbes a été effectuée. Parmi elles, on peut retenir par exemple la pose de vieille moquette sur les pelouses, le carton étalé autour des pieds de tomates, le verre de javel pour dix litres d’eau, la pincée de gros sel au cœur des rosettes de chardons, la cendre de bois ou la chaux contre la mousse, etc… Toutefois, aucune mauvaise herbe ne mérite cette appellation. Excepté le fait qu’elles poussent là où on ne les désire pas, elles n’ont rien de vilain ! Bien au contraire, elles présentent de nombreux avantages : l’ortie augmente la teneur en huiles essentielles de la sauge, menthe, angélique, valériane qui peuvent avoir été plantées à côtés d’elles ; les « mauvaises herbes » des cultures engendrent une meilleure élévation des cosses de pois, d’où une récolte plus facile ; la poussée tardive de ces plantes permet aussi le pâturage après la récolte…De façon plus générale, les « mauvaises herbes » rendent l’environnement plus favorable pour le développement d’autres espèces (par création d’ombre, racines profondes qui font remonter les nutriments inaccessibles aux plantes cultivées etc…). De plus, ces espèces peuvent être nourrissantes comme le Pissenlit (apprécié en salade), le Gaillet Jaune qui caille vraiment le lait (à ne pas confondre avec le Caille-Lait blanc), et qui sont aussi présents dans le village. La folle avoine sert de fourrage au bétail, certaines plantes sont nectarifères, certaines euphorbes éloignent rats, souris, taupes et parasites !

Vers un village écologique ? Pourquoi pas ! Des goûts et des couleurs, on ne discute point !

AMAL Loubna
Nb. Pour plus d’informations, le rapport de stage est consultable à la mairie.

Vous y trouverez (ainsi que dans le document téléchargeable ci-dessous) la carte géologique, les tableaux d’abondance des espèces, …

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Un des tableaux photographiques concernant la végétation sauvage

.. la liste des plantations, celle des espèces envahissantes du village, la liste des méthodes de lutte contre les mauvaises herbes, et de nombreux schémas ou cartes…

Cliquer sur le lien ci-dessous pour voir le document complet au format PDF.

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