Chemin d’Aubigny

Si Aubigny relève de la commune de Coincy, sa situation aux lisières d’Ars-Laquenexy a créé des liens multiples avec notre commune. Aubigny est d’ailleurs officiellement rattaché à la paroisse d’Ars, et nombre de ses anciens habitants reposent dans son cimetière.

Du ruisseau de la Planchette (ou de Dame Jeannette): voici qu’apparaît à l’écart des routes, aux confins sud du ban de Coincy, entouré de grands arbres, de prés et de bois, Aubigny. Peu à peu se dévoile une discrète mais élégante demeure du XVIIlème siècle; un vaste jardin à la française, clos de vieux murs, remarquable par ses ifs vénérables, lui donne un air quasiment provençal.

La longue histoire d’ Aubigny remonte aux Gallo-Romains. Mais c’est lors de la guerre de trente ans (1618-1648) que son histoire connue va débuter. C’est effectivement lors de cette terrible guerre que fut détruit le village d’Aubigny qui comportait une trentaine de maisons, une chapelle, un cimetière et un puits encore visible et utilisable de nos jours.

La ferme-château d’Aubigny (dont subsiste une partie du mur de l’une de ses 3 tours) fut démolie au 18ème siècle et reconstruite à cette époque sous sa forme actuelle. Du passé subsiste encore un balcon, une porte, une fenêtre à meneau.

On y créa un jardin à la française avec cadran solaire, massifs de buis, et des ifs aujourd’hui tricentenaires. La famille de Belchamps hérita de la demeure actuelle en 1814 (par échange avec le domaine de La Grange-aux-Bois) ; elle appartient toujours à ses descendants.

En août 1870, lors de la bataille de Borny (dite « de Colombey » par les historiens allemands), des événements dramatiques s’y déroulèrent. Entre les deux guerres mondiales, le général de Cugnac, président du Souvenir Français de Moselle, y reçut de prestigieuses personnalités (Foch, Lyautey, de Gaulle) ; son beau-frère, le général de Vaulgrenant, fut gouverneur militaire de Metz. A l’été 1940, les autorités nazies confisquèrent le domaine et en firent une Mädchenschule. La maison fut dépouillée de ses œuvres d’art dont une partie seulement a pu être récupérée.

Ses légitimes propriétaires revinrent dès l’automne 1944 dans la Lorraine ravagée pour redonner vie à Aubigny. Depuis, la maison et le jardin sont inscrits « monuments historiques ». Ainsi Aubigny témoigne de la vie d’une famille d’officiers français toujours restée fidèle à la Moselle en dépit des guerres et des annexions. Son cadre de verdure, la ferme qui en dépend, forment un espace remarquable aux abords de Metz qui vaut certainement le détour.