La reconstruction : Etude architecturale

 

Après la défaite, MAURICE du COETLOSQUET et son épouse MARIE DEGUERRE vont s’établir à RAMBERVILLERS, et le château ne serait sans .doute pas ressorti de ses cendres sans l’acte de collaboration du docteur HANIEL. Le docteur HAN1EL avait racheté la propriété des BOUTEILLER à LANDONVILLER.
Il décide de transformer sa propriété en édifice allemand pour plaire au Kaiser qui tient à voir METZ se transformer en ville germanique. C’est l’architecte berlinois BODO EBHART qui défigure la charmante maison des BOUTEILLER en bourg moyenâgeux allemand. La réaction du grand Français qu’est MAURICE du COETLOSQUET ne se fait pas attendre: puisque le docteur HANIEL a implanté un édifice allemand en LORRAINE, son château sera le symbole de la résistance architecturale et le représentant de l’art français en terre lorraine. Mais il ne peut voir son œuvre et c’est sa veuve qui réalise son vœu. Elle commande à un jeune architecte alsacien, KLEIN, sortant de l’école des Beaux-Arts de PARIS, les plans d’une demeure où tous les styles français seraient représentés. Les travaux sont confiés à l’entreprise CHARLES NICOLAS de QUEULEU qui engage des ouvriers italiens.
Les moyens techniques employés sont des plus modernes. Une grue sur rails de 30 mètres de haut de la maison MORLET et FONTAINE de BRUXELLES peut soulever une charge de 10 tonnes. On emploie aussi pour la réparation des étages et des toitures un nouveau procédé de béton armé. Pour transporter les pierres de tai11e « françaises » qui proviennent des carrières de SAVONNIERES entre COMMERCY et BAR-le-DUC, on construit une voie ferrée qui part de la gare de PELTRE.

C’est en novembre 1905 que la presse messine mentionne pour la première fois le début des travaux. La décoration des façades pose quelques problèmes. La pierre des carrières souterraines de SAVONNIERES est friable et ne durcit qu’au contact de l’air. Les sculptures sont effectuées après la construction par une équipe d’une vingtaine d’ouvriers spécialisés venant de NANCY. Le prix de la construction est très élevé; deux millions de francs en 1905 pour le gros-œuvre, autant pour l’aménagement intérieur.
Les paiements se font à NANCY par l’intermédiaire de l’abbé BOMBARDIER, chapelain de la vicomtesse du COETLOSQUET et gestionnaire de ses- biens. Un château français ne pouvant se concevoir sans l’harmonie indispensable d’un jardin qui le met en valeur, MERCY s’ornera d’un magnifique jardin à la française avec ses parterres et ses fontaines.